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Et voilà la dernière production du théâtre de la Canaille…
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Premières photographies au théâtre de l’Almendra qui a ouvert à l’automne dernier. Bon, ce n’est pas vraiment du théâtre, mais un peu. Ce n’est pas de la musique, mais un peu. Ce serait plutôt un défilé présentant les dernières œuvres de la griffe “Maneo” d’une styliste Rouennaise : Natalie Tatoué. Accompagné d’excellentes scénettes théâtrale — dont certaines anti-mode — (dramatic-lacombe compagnie) et de jazz manouche (Les mains baladeuses). Un étrange cocktail qui a satisfait tout le monde, petits et grands, avec une ambiance certainement très éloignée des défilés Parisiens.
JR.
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Albert Herring est une étrange Opérette qui pourrait presque se terminer en Opéra. Nous nous trouvons plongés parmi les affres d’un jeune homme sélectionné par les notables d’un village pour devenir la “Reine de mai”. En effet, aucune des jeunes filles locales n’offrant de garantie morale suffisante, le brave Albert qui travaille sans rechigner tout en prenant soin de sa mère est apparu comme le candidat idéal.
Évidemment, la thématique peut paraitre étrange. Mais la situation de satisfait guère Albert qui préfèrerait avoir le courage de vivre sa vie et de tourner le dos aux convenances pour songer à suivre sa voie.
Il va y parvenir grâce à la farce involontairement méchante jouée par deux de ses amis qui, en glissant quelques gouttes d’alcool dans son cocktail, entament une réaction en chaine allant au delà de ce qu’ils avaient imaginé. Albert va tout d’abord involontairement briser ses inhibitions avant de s’effondrer puis prendre le temps de vivre un peu pour lui. Disparu du village, tout le monde le croit mort et une atmosphère lourde, parfaitement bien rendue par la scénographie envahie les coeurs avant le retour d’un Albert maitre de son destin.
Plus profond que l’on pourrait le penser au début, “Albert Herring” nous permet de réaliser que le bonheur n’est pas forcément dans l’image que l’on donne aux autres et qu’il est parfois nécessaire de quitter le chemin que le destin semble vouloit nous tracer et qu’il est tellement facile de suivre.
Les photos ont été prises à l’Opéra de Rouen durant la générale.
Les représentations ont eu lieu du 13 au 17 fevrier 2009.
JR.
Pour une fois : une critique vidéo….
[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/x8chfr_albert-herring-a-lopera-de-rouen_music[/dailymotion]
BRITTEN
ALBERT HERRING
Direction : Laurence Equilbey
Mise en scène : Richard Brunel
Décors : Marc Lainé
Assistante scénographie : Alice Sabatier
Costumes : Claire Risterucci
Lumières : Mathias Roche
Lady Billows : Nancy Gustafson
Florence Pike : Felicity Palmer
Ms. Wordsworth : Ailish Tynan
Mr. Gedge : Christopher Purves
Mr. Upfold : Simeon Esper
Superintendant : Budd Andrew Greenan
Sid : Leigh Melrose
Nancy : Julia Riley
Albert Herring : Allan Clayton
Mrs. Herring : Hanna Schaer
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Véronique est une opérette d’André Messager. Opérette implique donc légèreté et une fin heureuse, ce qui est le cas. Pas de questions fondamentales sur la vie, le devoir, la vengeance. Seul les jeux de l’amour sont traités ici, un peu de provocation, de tromperie de jalousie. On mélange l’ensemble et on se retrouve avec un homme qui doit épouser la femme dont il tombe amoureux. Rien de dramatique a priori si ce n’est q’uil ne sait pas que celle qu’il aime est l’inconnue qu’il doit épouser pour se sauver de la prison.
Si l’histoire de base est ultra-classique, l’interprétation des différents personnages est excellente. Notamment les rôles ’secondaires’ n’ont absolument pas été négligés. Ils éclatent et apparaissent de manière aussi vive que les rôles principaux grâce aux artistes qui leur donnent vie.
Cette fois ci, contrairement à Jeanne d’Arc, nous retrouvons des décors simples et épurés. Nous sommes donc revenu à une scénographie plus actuelle. Les photographies se basent donc plus sur des lignes verticales et cherchent les ombres projetées sur les immenses parois latérales.
Les photos ont été prises à l’Opéra de Rouen durant la générale.
Les représentations ont eu lieu du 23 décembre au 31 décembre 2008.
JR.
”
Dès le lever de rideau, je sens que je n’ai pas eu tort de faire le déplacement. La scénographie due à Denis Fruchaud (cloisons et plates-formes à roulettes déplacées selon le besoin, minimum de décor), complétée par la lumière due à Marc Delamézière, fait passer bien des choses et, comme tout le monde, je suis content d’entendre De-ci, de-là, cahin-caha/ Va chemine va trottine/ Le picotin te récompensera et Poussez, poussez, l’escarpolette (ils se sont mis à deux pour écrire le livret : Albert Vanloo et Georges Duval). A la fin, tout va bien. Le vicomte Florestan de Valaincourt qui avait le choix entre aller en prison à Clichy ou épouser Hélène de Solanges se marie avec Véronique qui n’est autre qu’Hélène de Solanges.
Source :Blog de Michel Perdrial“
Messager
Véronique
Ingrid Perruche (Véronique),
Salomé Haller (Agathe),
Marie-Thérèse Keller (Estelle),
Nigel Smith (Florestan),
Vincent Pavesi (Coquenard),
Christophe Crapez (Séraphin),
Jean-Louis Poirier (Loustot),
Marie-Paule Bonnemason (Denise)
Pia Wigner (Tante Benoît)
Chœurs et Orchestre de l’Opéra de
Rouen Haute-Normandie sous la
direction de Nicolas Chalvin.
Mise en scène : Alain Garichot
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L’histoire de Jeanne d’Arc, librement réécrite par le génie de Verdi, est celle d’une magnifique femme à la chevelure rousse qui fut envoyée à Charles par le ciel afin de l’aider à libérer Orléans. Mais l’humanité a ceci de beau, qu’elle est faillible. Et Jeanne se retrouve tiraillée entre son désir terrestre d’aimer le roi Charles et sa mission divine de vierge guerrière.
Il est permis de se demander si pour comprendre un opéra, nous autres, les spectateurs, ne sommes pas sensés avoir rencontré à un moment ou à un autre de notre vie les mêmes dilemmes que les héros que nous allons admirer sur scène ? Est-ce que celui ou celle qui se retrouve un jour partagé entre l’amour et le devoir comprendra mieux l’héroïne de Verdi ? Est-ce que le choix — ou la faiblesse — de Jeanne de céder un instant seulement à la tentation nous mènera aux mêmes conséquences : le courroux du ciel et la vindicte populaire ? Est-ce que, renonçant, nous obtiendrons comme la belle Jeanne le pardon du ciel et la force d’aller combattre de nouveau ? Enfin, le prix de notre rédemption sera-t-il notre mort, non pas sur un bûcher comme tout bon Rouennais s’y attendrait, mais au combat, aux pieds de l’être aimé ? La vie de la Jeanne de Verdi est notre histoire à tous. Je veux espérer cependant que pour certains d’entre nous une issue plus heureuse nous attende. Mais quelle issue ? Malgré ses doutes, Jeanne a choisi. Faire un choix signifie le renoncement et donc au moins la mort d’une partie de notre être que Verdi traduit par la mort de l’héroïne.
Les photos ont été prises pendant la répétition générale, le mercredi 8 octobre 2008. Je félicite tout particulièrement l’équipe de l’Opéra de Rouen pour les décors et la superbe lumière. On avait parfois l’impression d’être dans une toile de maître.
Résumé :
Verdi, Giovanna d’Arco (Jeanne D’Arc)
Direction : Oswald Sallaberger
Mise en scène : Stephan Grögler
Chœur et Orchestre de l’Opéra de Rouen Haute-Normandie
Giovanna d’arco (Jeanne d’Arc) : Guylaine Girard
Carlo VII (Charles VII roi de France) : Jean-François Borras
Giacomo (Jacques) : Victor Torres
Assistante mise en scène : Anneleen Jacobs
Chef de chœur : Daniel Bargier
Scénographie, Costumes : Véronique Seymat
Entraînement théâtral solistes : Bénédicte Debilly
Lumières : Cyril Mulon
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Moi non plus je n’y croyais pas ! Du théâtre de boulevard à Rouen ! C’est rarissime. Je dois avouer que je n’y avais jamais vraiment pensé auparavant mais apparemment, le boulevard n’est pas en odeur de Sainteté dans les salles de nos jours. Ce qui m’amène à la pièce. Pour commencer : on a droit à un placard, et à un homme dedans. Les schémas classiques semblent présents mais dévient un peu par la suite puisque ce placard n’est pas dans une chambre à coucher avec un mari derrière la porte mais dans un couvent. Celui des repentantes qui accueille des femmes ayant connu une autre vie : prostituée, championne de karaté ou encore chanteuse. Quand un homme échappé de prison (mais innocent bien sur) se réfugie chez elles toutes leurs habitudes de religieuses s’en trouvent bouleversées, mais les plus anciens réflexes reviennent !
La pièce est drôle avec des des personnages bien campés. L’idée de voir chacune des sœurs se servir de leurs anciennes ’spécialités’ permet de pimenter le tout. De même, la mère supérieure et l’évêque jouent très bien les ‘gens’ d’églises prêts à tout lâcher pour vivre leur folle passion. Mettre en scène une comédie m’apparait très difficile, les erreurs de rythme ou de même de jeux ne pardonnent pas mais Mathilde Guyant a très bien réussi son coup. Après une brève présentation des lieux et des sœurs, le prisonnier apparait et ce n’est plus qu’une succession non-stop d’événements, de quiproquos et ‘d’avoines’ qui font passer très rapidement et avec plaisir les presque 2 heures de la pièce. J’espère les voir revenir bientôt.
Auteur : Noël Piercy, je le cite :
”
Cette pièce compte à ce jour près de 200 représentations en France, Belgique, Suisse, Canada,… Un joli succès pour une première pièce. De plus l’auteur est sympa et accessible.
“
Mise en scène et adaptation : Mathilde Guyant avec la participation du Grenier de la Motte.
Interprétation : Guillaume Jean, Marie Christine Belz, Elise Beaucousin, Carole Monserie,
Corinne Cagot, Samuel Chebi, Elise Quemin,
Costumes: Daniel Semente, Brigitte Thépault.
Les photos ont été prises à l’Echo du Robec durant la générale. Pour une analyse comparée avec une autre mise en scène, allez voir les joyeux duglob.
JR.
”
Prenez une Mère Supérieure dépassée par les événements. Une jeune novice ex star de la chanson, une ancienne championne de karaté, une ex prostituée. Ajoutez, un Evêque amoureux, un innocent jugé coupable, en cavale. Un coupable en liberté. Pimentez le tout d’une prostituée tentant de se faire passer pour nonne. Mettez ces personnages dans un endroit où ils ne devraient pas se retrouver : le Couvent des Repentantes, faites mijoter pendant deux heures. Servez chaud et votre public s’écriera : J’y crois pas !.
Source : www.theatrotheque.com“
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J’abandonne le théâtre (très) provisoirement pour aller faire un tour à l’Opéra de Rouen qui nous offre en cette fin de saison un opéra de Mozart rarement joué : la Clémence de Titus.
Je vais mettre tout de suite les choses au point : je ne suis pas un spécialiste de l’opéra en particulier, de la musique classique en général sachant que j’ai du lire l’affiche pour apprendre que Mozart en était l’auteur. Cela devrait me suffire à finir au fond de la classe près du radiateur. J’ai des circonstances atténuantes, la première fois que j’ai voulu acheter une place pour l’opéra Bastille j’ai fais un blocage devant les 200 euros que l’on me réclamait. Et apparemment les places “populaires” ne sont offertes que si ils risquent de faire un four, pour la Traviata, il n’y en avait point. Enfin bref, il ne faut pas s’arrêter à la première impression, à Rouen l’opéra est à un tarif beaucoup plus raisonnable et j’invite donc nos amis Parisiens à faire l’aller et retour jusque chez nous - cela changera pour une fois - même en première classe cela leur reviendra bien moins cher.
Un avantage de ne pas savoir est de ne pas avoir d’ a-priori. En effet, je n’ai appris qu’après que la Clémence de Titus n’était pas apprécié des “Mozart-ciens”. Et bien ils ont tort. La Clémence de Titus est un excellent opéra. La mise en scène et les décors épurés étaient assez spectaculaires et laissaient transparaitre la puissance de Rome face aux individus. Les photographies de la galerie tentent, dans la mesure du possible, d’en rendre compte. Un superbe jeu entre les lumières et les ombres permet de s’adapter à l’atmosphère portée par la musique et les chanteurs. Pour une critique de l’opéra en tant que tel, je préfère citer un extrait de “théâtre en normandie“:
”
Quant à la mise en scène d’Alain Garrichot, dans un superbe espace conçu par Denis Fruchaud, elle vise justement à mettre de l’animation là où il ne pourrait n’y avoir qu’une exposition de faits. Avec beaucoup de subtilité et un parfait sens de l’équilibre dramatique, elle joue avec l’intériorité des sentiments mais aussi avec les éléments d’une histoire qui déploie des circonvolutions solennelles auxquelles elle confère une grande intensité.
Un très beau spectacle qui baigne dans une ambiance épurée s’accordant parfaitement à la sobriété d’expression d’une partition surperbement menée par l’orchestre de l’Opéra de Rouen placé sous la direction de Jérémie Rhorer.
Avertissement: dans cet opéra, Titus semble être un brave Empereur, propre sur lui et plein de bons sentiments. Dans la vrai vie, il n’était pas parti pour. Le vrai Titus éliminaient ses concurrents au petit-déjeuner, rasait des villes pour le diner avant que sont père ne meure. Ensuite, il semble être devenu “le Titus” de l’Opéra — sachant que Histoire et réalité ne sont pas toujours sur des chemins parallèles.
Wolfgang Amadeus Mozart
La Clémence de Titus, livret de Pietro Metastasio adapté par Caterino Mazzola.
Direction musicale Jérémie Rhorer
Mise en scène Alain Garichot
Décors Denis Fruchot
Lumières Marc Delamézière
Costumes Claude Masson
Titus Herbert Lippert
Vitellia Guylaine Girard
Sextus Delphine Haidan
Servilia Ingrid Perruche
Annius Claire Lefilliâtre
Publius Marc Belleau
Chef de Chœur Daniel Bargier
Chœur et Orchestre de l’Opéra de Rouen / Haute-Normandie
Rouen, Théâtre des Arts
Les photos ont été prises à l’opéra de Rouen durant la générale.
JR.
”
Pendant l’été 1791 (il ne pensait sûrement pas que ce serait son dernier), Mozart répondit à une commande urgente : pour fêter le couronnement, comme roi de Bohème, de l’empereur d’Autriche Léopold II, il compose rapidement La Clémence de Titus. En fait, Mozart écrit simultanément deux opéras, sorte de faux-jumeaux tant ils diffèrent : si La Flûte enchantée est un conte enjoué et adopte le genre du singspiel (une alternance, en langue allemande, de dialogues parlés et de musique chantée ou instrumentale), La Clémence de Titus reprend le genre, presque passé de mode, de l’opera seria (cet « opéra sérieux », en italien, est intégralement chanté, obéit à des formes fixes (récitatif, air, ensembles et chœurs) et requiert un nombre réduit de personnages.
Source : Site de l’Opéra de Rouen“
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A peine avions nous quitté le diable de l’histoire du soldat que nous voici replongé au cœur de la misère d’un homme vieillissant, seul dans une pièce sordide alors qu’à l’extérieur éclate les bruits d’une révolution en marche, d’un peuple qui avance. Petit à petit l’homme nous dévoile quelques bribes de son passé, comme si nous l’avions vécu avec lui. Il parle aussi de ses espoirs, que l’on devine illusoires. Puis, par petites touches légères, naturelles, le spectateur réalise que ce vieillard qui pleure sur son sort fut un homme de la pire espèce. De ceux, qui dans l’ombre des puissants terrorisaient et torturaient. Pourtant, loin d’exprimer le moindre remord, le tortionnaire est un homme comme les autres: il regrette la splendeur d’un temps passé et pleure sur sa solitude.
Jean-Pierre Guiner de la compagnie Sirandane se sort fort bien de ce rôle difficile, jouant sans excès un personnage que les gens ne peuvent que contempler avec horreur. Non pas de par ses actes ou ses paroles au public mais par tout ce que ces dernières laissent deviner. L’inconnu pathétique du début de l’histoire l’est tout autant à la fin, son passé n’apparaissant que par des phrases détournées. Jean-Pierre Guiner réussit à nous montrer que tout homme vieillissant, même si sa vie fut abjecte, peut suivre les mêmes chemins que tous les autres et commence par regretter son passé.
Terrain vague
Sur un texte d’Olivier Rohe (éditions Allia)
Par la Compagnie de la Sirandane.
Adaptation : Jean-Pierre Guiner et Alicia Serra
Interprétation : Jean-Pierre Guiner
Mise en scène : Alicia Serra
Scénographie : Pascal Doudement
Lumière : Philippe Ferbourg
Musique : Romain Ponsot
Les photos ont été prises à la Maison de l’Université (de Rouen) durant un filage.
Représentation le 18 mars 2008.
JR.
”
Un homme sans nom recherche la preuve de son existence dans l’immobilité de son ancien lieu de travail qui le place à l’abri du temps et du monde extérieur en mutation. Face à son passé ses souvenirs et ses rêves, il déroule devant nous une vie parcellaire : temps éclaté, repères bouleversés, actions supposées… Avec lui, nous cheminons sur le pont fragile de sa mémoire. Le puzzle d’un univers incertain, quelque part entre entre Samuel Beckett et Thomas Bernhard qui nous captive.
Avec ce roman, l’auteur pose la question des conséquences de la guerre sur l’individu, de ses répercussions sur la destruction des mémoires, le pourrissement absolu des mentalités.
Ce spectacle est le premier volume d’un cycle intitulé : le commun des mortels.
Source : Site de la maison de l’Université“
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Il existe une sorte de Darwinisme dans les histoires. Les plus belles sont intemporelles puisque les autres ont disparu dans l’oubli comme un organisme trop faible pour combattre. Le soldat de notre histoire aurait du se souvenir à temps des mythes qui ont traversé les siècles pour nous rappeler que tout a un prix. Le plus élevé étant certainement de vendre son âme, même simple, nichée au cœur d’un violon, pour connaitre l’avenir et s’enrichir. Pourtant, tout comme Orphée en son temps, notre soldat se vit offrir, grâce à la ruse, une chance ultime d’atteindre le bonheur en renonçant à toutes ses richesses. Mais le diable, furieux de la tromperie, veille. Il sait une chose: l’homme en veut toujours plus. Le jour où le soldat, marié et heureux veut retrouver aussi son passé, il découvre que « Un bonheur, c’est tout le bonheur, deux, c’est comme s’ils n’existaient pas ! ». L’enfer lui ouvre alors ses portes.
C’est avec plaisir que nous retrouvons une bonne partie de la troupe de Blanche-Neige (voir plus bas) dans ce spectacle de “théâtre musical” ou d”opéra sans chanson” qui plonge sans hésiter dans plusieurs thèmes fondateurs. Jean-Marc Talbot joue un diable protéiforme qui mène de bout en bout une magnifique danse infernale. La voix d’Isabelle Paquot donne corps au récit alors que Thomas Germaine réussit à transmettre la fragilité et la naïveté du soldat dont la quête, après tout, est celle de tous les hommes : celle du bonheur. Les talents de danseuse d’Aurélie Genoud permettent au soldat (et à la salle) d’atteindre le bonheur auquel il aspirait tant… avant d’en vouloir encore plus. Que voulez vous… le diable gagne toujours à la fin.
Musique de Igor Stravinsky et Texte de Charles-Ferdinand Ramuz.
Metteur en scène : Denis Buquet.
Le Narrateur: Isabelle Paquot.
Le Diable : Jean-Marc Talbot.
Le Soldat : Thomas Germaine.
La Princesse : Aurélie Genoud.
Direction musicale : Samuel Jean
Décors : Pascal Doudement
Costumes : Pascale Barré
Lumières : Denis Desanglois
Vidéo : Éric Duranteau
Les photos ont été prises au théâtre Charles Dullin durant un filage.
Les représentations ont eu lieu du 29 février au 2 mars 2008.
JR.
”
La première guerre mondiale laissa Igor Stravinsky sans commande mais bouillant d’envie de créer. Ne pouvant plus compter sur la compagnie des Ballets Russes ou sur les orchestres opulents qui avaient créé L’Oiseau de Feu, Petrouchka ou Le Sacre du Printemps, il se concentra sur un projet « économique », destiné à un théâtre de tréteaux, transporté quotidiennement de village en village. Sept instrumentistes, bien choisis, résument l’orchestre symphonique, pendant que le poète suisse Charles-Ferdinand Ramuz invente un conte fantastique, d’origine russe. Un soldat, démuni et revenant de guerre, vend au Diable son seul bien, un violon, en échange d’un livre magique qui enrichit mais n’apporte pas le bonheur. Une partie de cartes lui permettra de reprendre son violon et, par sa musique, de guérir une princesse malade et d’espérer l’épouser. Mais la princesse désire visiter le pays de son futur époux, en chemin le soldat rencontre le Diable qui l’emmène joyeusement en enfer.
L’Histoire du soldat frappe par son étonnante liberté de ton. Contraint à user de moyens très limités, Stravinsky en fut stimulé et inventa alors le langage musical qu’il allait développer pendant trente ans. À partir de modèles populaires et savants occidentaux, il compose un fascinant théâtre musical. Ainsi ce conte universel se peut-il savourer dans sa substance gaie et sarcastique.
Source : Site de l’Opéra de Rouen“
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Ce mois ci, nous avons eu de la visite. La Compagnie de l’Incartade qui brûle généralement les planches Parisiennes nous a fait l’honneur de sa visite pour quelques jours au théâtre de l’Echo du Robec. La pièce est une comédie qui aurait pu être écrite à deux mains par Corneille et Molière mais en fait, l’auteur est Jean Desmarest de Saint-Sorlin, qu’en tant que non littéraire, je n’avais pas l’honneur de connaître. Et c’est un tort car, il s’agit d’une excellente comédie. Je lance donc un appel aux enseignants qui choisissent leurs œuvres pour les cours de français : laissez tomber Dom Juan de temps en temps (que personnellement j’ai réussi à étudier 3 années de suite) et orientez vous vers JDSS.
Après avoir précisé ce premier point, je tiens à souligner qu’un manque certain de références littéraires ne m’empêche absolument pas d’apprécier le travail effectué. Et dans ce cadre j’ai été franchement très impressionné. Il s’agit de la première pièce mise en scène par Coralie Salonne, jeune metteur (teure, teuse - j’m'y retrouve plus moi) en scène qui vient du Studio 34. Depuis, elle a aussi mis en scène Péricles de Shakespeare. Deux choses : premièrement, elle n’a pas froid aux yeux pour se lancer tout de go dans un projet avec 9 comédiens sur scène, ensuite, elle a du talent. Et en cela, elle est soutenue par son équipe de neufs qui bougent, se croisent, s’interpellent, se parlent sans que aucun ne se comprennent — mais grâce à leur talent, le public suit très bien. En effet, tous les personnages déforment les paroles et les actes des autres jusqu’à ce qu’ils soient conformes avec la vision qu’ils ont d’eux-même et du monde. Cela laisse place à des quiproquos délicieux qui peuvent rendre fou le père un peu trop naïf de trois filles à marier. Grâce à une mise en scène très dynamique, les événements s’enchaînent sans délai. A aucun moment le spectateur n’a le loisir de décrocher ou de se perdre, au contraire, la tension monte au fur et à mesure que l’on découvre les personnages et les fiancés (un peu trop nombreux) que Alcidon choisit pour ses trois filles, Mélisse, Hespérie et Sestiane qui de leur coté décident de faire leur ‘mai (16)68′ personnel.
Je ne souhaite qu’une seule chose a cette compagnie : qu’elle reste dans le “rond de light”
Comédie de Jean Desmarest de Saint-Sorlin, mise en scène : Coralie Salonne, avec
Laurent Jonot : Artabaze
Aurélien Bédéneau : Amidor
Jonathan Hume : Filidan
Jean-Patrick Vieu : Phalante
Elodie Albert : Mélisse
Clotilde Pierre : Hespérie
Elise Chieze : Sestiane
Antoine Desmarais : Alcidon
Nicolas Sorhaïtz : Lysandre
Les photos ont été prises au théâtre de l’Echo du Robec durant la générale.
Les représentations ont eu lieu du 8 au 10 février 2008.
JR.
”
Coralie Salonne, Interview par Froggy’s Delight, (Paris) 8 septembre 2007
En une année, Coralie Salonne, jeune metteur en scène, a monté, au Théâtre du Nord-Ouest, deux spectacles époustouflants, à la fois, de maturité et de fraîcheur, “Les visionnaires” de Jean Desmarest de Saint-Sorlin et “Périclès” de Shakespeare, qui révèlent un talent précoce et rare.
Naturellement nous avons souhaité la rencontrer pour percer ses secrets.
Vous êtes comédienne et principalement metteur en scène.
Coralie Salonne : Je viens du Studio 34 création formation dont sont issus tous les membres de la Compagnie de l’Incartade et dont certains figurent dans la distribution des ‘Visionnaires’ et de ‘Périclès’ avec aussi la collaboration de comédiens extérieurs. Nous nous sommes rencontrés dans cette école.
… Voir la suite sur Froggy’s Delight
».
Référence : Voir le site de La compagnie de l’Incartade
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Pour cette nouvelle saison, en guise d’apéritif, voici quelques photos de la compagnie Apsara qui a proposé un spectacle de quelques minutes lors de la soirée d’ouverture de la saison du Théâtre de l’Echo. Les deux artistes/danseuses nous ont proposé un spectacle où les pommes volaient très bas. Le talent, le sourire et l’humour étaient présents ! Malgré les apparences, elles étaient trois sur scène ;-).
Les photos ont été prises au Théâtre de l’Echo (Darnetal) durant une représentation le 9 septembre 2007. Avec Maryvonne Bonne et Amandine Voiron. JR.
“L’association Cie Apsara fondée en 2004, est pluridisciplinaire : danse, musique, théâtre, sculpture et vidéo.
Les apsaras sont les déesses inférieures de la danse et de la musique dans l’hindouisme. Inférieures signifie que ces déesses se trouvent parmi les Hommes ; ce qui constitue la philosophie de la compagnie, être accessible à tous sans perdre la technicité et l’esthétisme de la danse contemporaine.
Apsara est également le nom d’une danse indienne dans laquelle la gestuelle du visage et des mains, est omniprésente.
Référence : www.compagnie-apsara.net
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Plongée dans les tréfonds d’une usine…pas de révolution ni de grandes idées mais une approche plus efficace qui nous montre de quoi est fait le quotidien de ces hommes, leurs angoisses, leurs peurs et leur joies. Le texte est de Jean-Pierre Levaray, ouvrier militant de l’usine Elf-Total-Fina de Rouen.
Les photos ont été prises à “La maison de l’Université” (Mont Saint Aignan) durant la répétition générale le 20 mars 2007. JR.
” Tous les jours pareils. J’arrive au boulot et ça me tombe dessus, comme une vague de désespoir, comme un suicide, comme une petite mort, comme la brûlure de la balle sur la tempe. Un travail trop connu, une salle de contrôle écrasée sous les néons - et des collègues que, certains jours, on n’a pas envie de retrouver. On fait avec, mais on ne s’habitue pas. On en arrive même à souhaiter que la boîte ferme. Oui, qu’elle délocalise, qu’elle restructure, qu’elle augmente sa productivité, qu’elle baisse ses coûts fixes. Arrêter, quoi. Qu’il n’y ait plus ce travail, qu’on soit libres. Libres, mais avec d’autres soucis.
Personne ne parle de ce malaise qui touche les ouvriers qui ont dépassé la quarantaine et qui ne sont plus motivés par un travail trop longtemps subi. Qu’il a fallu garder parce qu’il y avait la crise, le chômage. Une garantie pour pouvoir continuer de consommer à défaut de vivre.
On a remplacé l’équipe d’après-midi, bienheureuse de quitter l’atelier. C’est notre tour, maintenant, pour huit heures. On est installés, dans le réfectoire, autour des tasses de café. Les cuillères tournent mollement, on a tous le même état d’esprit et aussi, déjà, la fatigue devant cette nuit qui va être longue.” Référence: Putain d’Usine de J.P. Levaray.
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Voï-Voï et la Soucoupe Cassée sont de retour au bistrot Percière de Rouen. C’est tout tout petit. Pour les photos (sans flash, comme d’hab) c’est quasi-mission impossible… mais on s’arrange comme on peut : l’objectif sous l’archer, la tête dans les vieilles poutres normandes et une sorte de rat à poil long en provenance du Yorkshire qui tentait de manger la sangle de mon appareil dès qu’elle lui passait sous le nez. Le bistrot était bondé mais la maitresse du toutou lui préservait férocement sa chaise haute au comptoir.
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Vive le hasard ! — Tout juste sorti de JJAH (au dessus) — Je tombe sur une impro de trois musiciens qui viennent de créér un ensemble : Voï Voï et la soucoupe cassée ! Il sont de quoi dynamiter n’importe quelle soirée, plus personne ne voulait quitter le bar.
Les photos ont été prises au bar “Le trois pièce” de Rouen (une pièce musique, une pièce repas et une pièce bistrot). JR.
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