J’abandonne le théâtre (très) provisoirement pour aller faire un tour à l’Opéra de Rouen qui nous offre en cette fin de saison un opéra de Mozart rarement joué : la Clémence de Titus.
Je vais mettre tout de suite les choses au point : je ne suis pas un spécialiste de l’opéra en particulier, de la musique classique en général sachant que j’ai du lire l’affiche pour apprendre que Mozart en était l’auteur. Cela devrait me suffire à finir au fond de la classe près du radiateur. J’ai des circonstances atténuantes, la première fois que j’ai voulu acheter une place pour l’opéra Bastille j’ai fais un blocage devant les 200 euros que l’on me réclamait. Et apparemment les places “populaires” ne sont offertes que si ils risquent de faire un four, pour la Traviata, il n’y en avait point. Enfin bref, il ne faut pas s’arrêter à la première impression, à Rouen l’opéra est à un tarif beaucoup plus raisonnable et j’invite donc nos amis Parisiens à faire l’aller et retour jusque chez nous - cela changera pour une fois - même en première classe cela leur reviendra bien moins cher.
Un avantage de ne pas savoir est de ne pas avoir d’ a-priori. En effet, je n’ai appris qu’après que la Clémence de Titus n’était pas apprécié des “Mozart-ciens”. Et bien ils ont tort. La Clémence de Titus est un excellent opéra. La mise en scène et les décors épurés étaient assez spectaculaires et laissaient transparaitre la puissance de Rome face aux individus. Les photographies de la galerie tentent, dans la mesure du possible, d’en rendre compte. Un superbe jeu entre les lumières et les ombres permet de s’adapter à l’atmosphère portée par la musique et les chanteurs. Pour une critique de l’opéra en tant que tel, je préfère citer un extrait de “théâtre en normandie“:
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Quant à la mise en scène d’Alain Garrichot, dans un superbe espace conçu par Denis Fruchaud, elle vise justement à mettre de l’animation là où il ne pourrait n’y avoir qu’une exposition de faits. Avec beaucoup de subtilité et un parfait sens de l’équilibre dramatique, elle joue avec l’intériorité des sentiments mais aussi avec les éléments d’une histoire qui déploie des circonvolutions solennelles auxquelles elle confère une grande intensité.
Un très beau spectacle qui baigne dans une ambiance épurée s’accordant parfaitement à la sobriété d’expression d’une partition surperbement menée par l’orchestre de l’Opéra de Rouen placé sous la direction de Jérémie Rhorer.
Avertissement: dans cet opéra, Titus semble être un brave Empereur, propre sur lui et plein de bons sentiments. Dans la vrai vie, il n’était pas parti pour. Le vrai Titus éliminaient ses concurrents au petit-déjeuner, rasait des villes pour le diner avant que sont père ne meure. Ensuite, il semble être devenu “le Titus” de l’Opéra — sachant que Histoire et réalité ne sont pas toujours sur des chemins parallèles.
Wolfgang Amadeus Mozart
La Clémence de Titus, livret de Pietro Metastasio adapté par Caterino Mazzola.
Direction musicale Jérémie Rhorer
Mise en scène Alain Garichot
Décors Denis Fruchot
Lumières Marc Delamézière
Costumes Claude Masson
Titus Herbert Lippert
Vitellia Guylaine Girard
Sextus Delphine Haidan
Servilia Ingrid Perruche
Annius Claire Lefilliâtre
Publius Marc Belleau
Chef de Chœur Daniel Bargier
Chœur et Orchestre de l’Opéra de Rouen / Haute-Normandie
Rouen, Théâtre des Arts
Les photos ont été prises à l’opéra de Rouen durant la générale.
JR.
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Pendant l’été 1791 (il ne pensait sûrement pas que ce serait son dernier), Mozart répondit à une commande urgente : pour fêter le couronnement, comme roi de Bohème, de l’empereur d’Autriche Léopold II, il compose rapidement La Clémence de Titus. En fait, Mozart écrit simultanément deux opéras, sorte de faux-jumeaux tant ils diffèrent : si La Flûte enchantée est un conte enjoué et adopte le genre du singspiel (une alternance, en langue allemande, de dialogues parlés et de musique chantée ou instrumentale), La Clémence de Titus reprend le genre, presque passé de mode, de l’opera seria (cet « opéra sérieux », en italien, est intégralement chanté, obéit à des formes fixes (récitatif, air, ensembles et chœurs) et requiert un nombre réduit de personnages.Source : Site de l’Opéra de Rouen“

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