Ce mois ci, nous avons eu de la visite. La Compagnie de l’Incartade qui brûle généralement les planches Parisiennes nous a fait l’honneur de sa visite pour quelques jours au théâtre de l’Echo du Robec. La pièce est une comédie qui aurait pu être écrite à deux mains par Corneille et Molière mais en fait, l’auteur est Jean Desmarest de Saint-Sorlin, qu’en tant que non littéraire, je n’avais pas l’honneur de connaître. Et c’est un tort car, il s’agit d’une excellente comédie. Je lance donc un appel aux enseignants qui choisissent leurs œuvres pour les cours de français : laissez tomber Dom Juan de temps en temps (que personnellement j’ai réussi à étudier 3 années de suite) et orientez vous vers JDSS.
Après avoir précisé ce premier point, je tiens à souligner qu’un manque certain de références littéraires ne m’empêche absolument pas d’apprécier le travail effectué. Et dans ce cadre j’ai été franchement très impressionné. Il s’agit de la première pièce mise en scène par Coralie Salonne, jeune metteur (teure, teuse - j’m'y retrouve plus moi) en scène qui vient du Studio 34. Depuis, elle a aussi mis en scène Péricles de Shakespeare. Deux choses : premièrement, elle n’a pas froid aux yeux pour se lancer tout de go dans un projet avec 9 comédiens sur scène, ensuite, elle a du talent. Et en cela, elle est soutenue par son équipe de neufs qui bougent, se croisent, s’interpellent, se parlent sans que aucun ne se comprennent — mais grâce à leur talent, le public suit très bien. En effet, tous les personnages déforment les paroles et les actes des autres jusqu’à ce qu’ils soient conformes avec la vision qu’ils ont d’eux-même et du monde. Cela laisse place à des quiproquos délicieux qui peuvent rendre fou le père un peu trop naïf de trois filles à marier. Grâce à une mise en scène très dynamique, les événements s’enchaînent sans délai. A aucun moment le spectateur n’a le loisir de décrocher ou de se perdre, au contraire, la tension monte au fur et à mesure que l’on découvre les personnages et les fiancés (un peu trop nombreux) que Alcidon choisit pour ses trois filles, Mélisse, Hespérie et Sestiane qui de leur coté décident de faire leur ‘mai (16)68′ personnel.
Je ne souhaite qu’une seule chose a cette compagnie : qu’elle reste dans le “rond de light”
Comédie de Jean Desmarest de Saint-Sorlin, mise en scène : Coralie Salonne, avec
Laurent Jonot : Artabaze
Aurélien Bédéneau : Amidor
Jonathan Hume : Filidan
Jean-Patrick Vieu : Phalante
Elodie Albert : Mélisse
Clotilde Pierre : Hespérie
Elise Chieze : Sestiane
Antoine Desmarais : Alcidon
Nicolas Sorhaïtz : Lysandre
Les photos ont été prises au théâtre de l’Echo du Robec durant la générale.
Les représentations ont eu lieu du 8 au 10 février 2008.
JR.
”
Coralie Salonne, Interview par Froggy’s Delight, (Paris) 8 septembre 2007
En une année, Coralie Salonne, jeune metteur en scène, a monté, au Théâtre du Nord-Ouest, deux spectacles époustouflants, à la fois, de maturité et de fraîcheur, “Les visionnaires” de Jean Desmarest de Saint-Sorlin et “Périclès” de Shakespeare, qui révèlent un talent précoce et rare.
Naturellement nous avons souhaité la rencontrer pour percer ses secrets.
Vous êtes comédienne et principalement metteur en scène.
Coralie Salonne : Je viens du Studio 34 création formation dont sont issus tous les membres de la Compagnie de l’Incartade et dont certains figurent dans la distribution des ‘Visionnaires’ et de ‘Périclès’ avec aussi la collaboration de comédiens extérieurs. Nous nous sommes rencontrés dans cette école.
… Voir la suite sur Froggy’s Delight
».
Référence : Voir le site de La compagnie de l’Incartade

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